Si je vous dis « Lac Baïkal », vous me direz peut-être « Perle glacée de Sibérie », mais aussi lac d’eau douce le plus ancien et le plus profond du monde (1 637 m). Vous pensez aussi très certainement au récit autobiographique de Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, lauréat du prix Médicis essai en 2011. Pour d’autres, le lac Baïkal évoque le chamanisme qui a longtemps bercé les environs du lac et continue encore aujourd’hui.

Après notre incroyable et mémorable voyage de 10 jours sur le lac Baikal et dans ses environs, c’est quelque chose de bien plus profond qui s’empare de nous, avec la sensation d’avoir découvert un endroit unique et totalement magique, loin de tout, et que l’on aimerait bien garder pour soi. On connaît désormais la réelle signification du mot silence. On sait également ce que le froid est capable de créer et façonner ; une beauté glacée indescriptible qui évolue en permanence et nous émeut à chaque instant.

 

Direction l’île d’Olkhon, la plus grande île du Lac Baikal

Après plusieurs jours à patienter et découvrir les alentours du lac, entre Irkoutsk et Arshan, c’est le grand jour ! Aujourd’hui, nous allons ENFIN pouvoir poser le pied sur le lac gelé et découvrir cette île, point de rendez-vous de nombreux voyageurs arpentant le monde.

Pour y arriver, il nous faudra tout de même parcourir les 298 km qui séparent Irkoutsk de l’île.

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Pour une meilleure immersion, nous décidons d’y séjourner pendant 3 nuits et 4 jours, en compagnie de l’agence Baikal Exlorer, tenue par un très sympathique couple de Russes.

A nos côtés pour ce périple, deux Japonais et une Australienne.

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Après 4h30 de trajet, notre voiture franchit la ligne et passe de la terre à la glace pour notre plus grand bonheur. Sensation étrange et euphorisante à la fois, nous ne roulons pas bien longtemps avant de descendre du véhicule pour marcher sur ce lac gelé tant convoité : le Lac Baïkal.

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On découvre alors un incroyable panorama, savoureux mélange de multiples teintes de bleus et de blancs.

Côté températures, on ne va pas vous le cacher, il ne fait pas chaud avec une moyenne de -28° sur le lac en cette fin février. Par chance, et étonnamment au vu des témoignages que nous avons pu entendre, le vent ne souffle pas. La force du vent, nous aurons la chance de la découvrir le dernier jour (il est alors quasiment impossible de rester plus de quelques minutes hors du véhicule alors que le froid cisaille et que la nature distribue des gifles par rafales). Mais avant cela, nous regagnons la voiture pour continuer à traverser le lac et rejoindre Khuzir, principale ville de l’île d’Olkhon. Nous séjournerons au côté d’autres touristes dans un grand ensemble réparti sur deux principaux bâtiments. Le confort est là et la gentillesse de notre hôte également, malgré la difficulté de communiquer. Heureusement, le langage des signes nous aidera. Nous avions la chance d’avoir une chambre pour deux, bien chauffée, avec notre propre salle de bains mais ce n’est pas le cas de tous les logements.

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Khuzir

Pour les amoureux de saunas et Banya, notez que plusieurs auberges proposent ce genre de services sur l’île.

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Cap au Nord de l’île d’Olkhon

Le lendemain, changement de voiture avec les fameuses jeep militaires de Russie. Un plaisir pour les yeux mais pas forcément pour le dos. Qu’il s’agisse de rouler sur le lac gelé ou sur les seules routes de terre de cette île de 730 km², il faut bien s’accrocher pour éviter les rebonds incessants.

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Ce jour-là, direction le Nord de l’île pour de multiples arrêts ; on découvre et on admire le Cap de Sagan-Khushun, on s’amuse à pénétrer dans de petites grottes de glace (qui servent d’ailleurs de toilettes en plein air pour de nombreux touristes), on s’extasie devant de fascinants blocs de glace bleu translucide ou encore face aux falaises du Cap Khoboy à la pointe nord de l’île Olkhon.

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Pendant cette journée, nous prenons pleinement conscience de la beauté de ces paysages, de cette nature totalement intacte et préservée et peinons à réaliser où nous sommes réellement.

 

Nous ne sommes clairement pas les seuls touristes mais le lac est tellement gigantesque que nous découvrons et apprécions véritablement la beauté et l’immensité du silence.

Nous ne nous lassons pas non plus de cette incroyable transparence du lac et ces milliers de fissures blanches rendant ce paysage bleu polaire encore plus beau que ce qu’il n’est au départ.

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Et c’est en plein cœur de ce splendide panorama que la pause déjeuner se fait. Au menu ? Soupe pour se réchauffer, même si le froid est plutôt supportable une fois bien équipées, mais aussi jambon et fromage pour se confectionner un petit sandwich comme à la maison…

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Cap au Sud de l’île d’Olkhon

La journée suivante est toute aussi belle et réussie avec la découverte du Sud cette fois-ci, avec Yalga Bay, la très belle île Ogoi où un temple bouddhiste est érigé au sommet.

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On poursuit la route vers l’incroyable Bubble bay, le spot pour admirer le drôle de phénomène des bulles blanches piégées dans la glace.

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Surprise ce jour-là également avec une petite séance de pêche improvisée par notre chauffeur, le tout sans gant !

Nous ne pouvions pas terminer notre séjour sur l’île d’Olkhon sans aller admirer le fameux Shaman Rock, très plébiscité par les photographes du monde entier pour son coucher du soleil.

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Nous profitons donc de notre quartier libre en fin de journée pour y aller. Et nous ne sommes pas les seules à avoir eu cette idée. Mais nous ne regrettons pas d’être là. La beauté est là et les couleurs se reflétant sur la glace et la neige sont absolument magnifiques.

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Non loin de là, nous découvrons aussi les imposants et impressionnants totems chamaniques.

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Nous arpentons enfin un peu plus la ville de Khuzir avec ses très nombreux chiens en quasi liberté et visiblement heureux de l’être, se baladant et jouant dans les rues. Il y a aussi ces grandes routes en terre totalement désertes et calmes, à se demander si cette île est habitée en dehors des touristes et des chiens.

Sur l’île mais aussi un peu partout en Bouriatie, nous sommes aussi tombées sur un « Obo », ces petits tas de pierres de forme pyramidal, où l’on trouve tout autour des pièces, bouteilles d’alcool et cigarettes. D’après le répandu culte à l’« Obo », il est en effet impératif de s’arrêter et de faire, avec déférence, des offrandes aux esprits. Si on ne s’arrête pas près de l’« Obo » et si on ne fait pas de cadeaux, on s’attire la malchance.

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Une journée à Listvianka, au bord du lac Baikal

Pour l’une de nos dernières journées en Sibérie, nous choisissons de nous rendre, une fois encore accompagnées de Baikal Explorer, dans la petite ville de Listvianka, qui borde la pointe Sud du Lac Baikal.

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Très visitée l’été, Listvianka l’est un peu moins l’hiver. Nous trouvons ce jour-là des rues et un marché plutôt déserts. On en profite donc pour découvrir les spécialités locales comme le golomianka. Ce poisson vivipare et transparent est connu pour ses graisses riches en vitamines et ses incroyables valeurs diététiques. Seul problème, il est difficile à attraper car il ne vit pas en banc.

 

A Listvianka, nous visitons également le Baikal Museum, à faire absolument si vous souhaitez en apprendre plus sur l’Histoire de la région et sur ce lac sacré.

Vous découvrirez notamment l’incroyable biodiversité qu’offre le Baïkal. Près de 3 600 espèces végétales et animales, en majorité endémiques, peuplent ses eaux et ses berges.

L’un des poissons les plus connus est l’omoul. Nageant uniquement dans le lac Baikal, cette truite peut atteindre 50 cm de long et peser jusqu’à 5 kg. Depuis toujours, les habitants des environs aimaient pêcher ce poisson mais, depuis l’automne 2017, la pêche commerciale de l’omoul y est interdite en raison de la baisse considérable de sa population. L’aquarium du musée abrite également deux espèces du fameux « Nerpa », le phoque d’eau douce.

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Dernier arrêt avant de rejoindre Irtkoust, au Shaman Stone autour duquel les légendes ne manquent pas et fascinent toujours autant… 

Un lac Baikal sacré mais menacé

Après 10 jours passés dans les environs du Lac Baikal, nous ne sommes pas prêtes d’oublier cet incroyable voyage en plein cœur de la Sibérie. Nous avons été totalement conquises par la beauté pure de ces paysages glacés, par ce silence polaire mais aussi par l’Histoire et la culture du peuple bouriate.

Nous comprenons mieux la raison pour laquelle ce lac était à l’origine considéré comme une mer sacrée par ses habitants les Bouriates.

Nous prenons également pleinement conscience de la fragilité de ce lac qui fascine tant et rameute chaque année, hiver comme été, de très nombreux touristes, amoureux de nature. Preuve de son importance, ce lac contient à lui seul 20% des eaux douces non gelées de la planète. L’Unesco l’a d’ailleurs classé en 1996 au patrimoine mondial de l’Humanité.

Mais aujourd’hui, ce lac pose toutefois beaucoup de questions… Des scientifiques de l’Université d’État de Novossibirsk et de l’Institut de géologie et des minéraux Sobolev à Novossibirsk, en Sibérie, ont en effet découvert que l’Eurasie pourrait se briser en deux parties et que le lac Baikal pourrait devenir un océan.

Autre inquiétude : la disparition des poissons, la propagation des algues et la pollution des eaux par des phosphates… On parle souvent du lac Baikal comme l’un des lacs les plus purs du monde mais le lac est pourtant bel et bien confronté à l’une des plus graves crises écologiques de son histoire, longue de 25 millions d’années.

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